où est elle, ma terre ?
bien sûr qu'on me l'a prise
et alors où sera le bois
pour brûler tous ces souvenirs
les planches officielles à visser
les habits oubliés
les coups et quelques rares baisers
la douleur du corps
faites d'innombrables.
des visages croisés
des odeurs et des cris
des parfums aussi, tellement d'attente !
tout ça qui a été bu dans la joie parfois
mais pour oublier surtout
ne rien dire
rien de plus
tout ce qui a été bu pour rien
par habitude du malheur
tout ce qui aurait du être bu
pour avoir moins mal
un peu.
Ceux de ma terre, ils sont morts.
ils ont laissé le regret.
Le soc, la terre et la rouille
ne font pas de bruit
on meurt en silence
depuis toujours et même
on ne jette pas le pain et on meurt en silence
on ne dit pas le soir qui vient
on se contente de raconter
afin d'honorer la terre
comme un secret qui se transmet.
Non, rien n'est simple
le dimanche soir.
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